L'UER

L’unité d’Exécution de la réforme du secteur de l’énergie (U E R )

1. Contexte

Les services de l'électricité ont un important rôle dans l’amélioration de la compétitivité de l'économie et des indicateurs sociaux. Les coûts élevés de l'électricité affectent négativement la compétitivité de l'économie, freinent la participation du secteur privé dans les secteurs industriels et des services, et constituent un fardeau pour le trésor public. De même, le déficit chronique en capacité de production, pour répondre à une demande sans cesse croissante, engendre des coûts de plus en plus élevés à l'économie. En outre, l’électricité reste inaccessible à la majorité de la population surtout en zone rurale.

Face à cette situation, le Gouvernement a initié une réforme du secteur de l’énergie avec l’appui des partenaires techniques et financiers. A cet effet, en décembre 2000, il a adopté une Lettre de Politique de Développement du Secteur de l’Energie (LPDE) qui trace le cadre général de cette réforme axée principalement sur la mise en place d’un cadre réglementaire adéquat et sur le désengagement partiel de l’Etat dans la gestion de la SONABEL et de la SONABHY.

Les objectifs spécifiques de la réforme du secteur de l’électricité visent à :

  • accroître le taux d’accessibilité des populations à l’électricité ;
  • assainir les finances publiques par la suppression des subventions directes ou indirectes ;
  • améliorer les performances techniques, commerciales et de gestion de la SONABEL;
  • rechercher les solutions durables au déficit critique en capacités de production d’électricité principalement au Centre Régional de Consommation de Ouagadougou;
  • créer les conditions pour baisser le coût de l’électricité par la mise en œuvre d’un programme d’investissement pluriannuel à moindre coût;
  • favoriser une participation accrue du privé au développement du secteur par la mise en place d’un cadre institutionnel, légal et de régulation approprié.

Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement a adopté un plan opérationnel en septembre 2001. Ce plan a permis de réaliser les activités préalables à la mise en place du Projet de Développement du Secteur de l’Electricité (PDSE) qui sera financé par la Banque Mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers que sont les Fonds Nordiques (NDF), l’Agence Française de Développement (AFD), la Banque Européenne d’Investissement (BEI), DANIDA.

2. Justifications du projet

Les objectifs du PDSE sont :

(i) améliorer le cadre réglementaire et institutionnel pour un développement du secteur et des opérations efficaces par :

  • la mise en œuvre d’une stratégie de développement du secteur ;
  • l’assistance à la Direction générale de l’énergie, (DGE) dans son rôle de formulation des politiques, de suivi-évaluation et de mesures d’impacts.

ii) améliorer la disponibilité et la fiabilité de la fourniture d'électricité dans le périmètre de SONABEL par :

  • Le prolongement du réseau de transport (construction d'une ligne d’interconnexion électrique reliant Bobo Dioulasso à Ouagadougou);
  • Le renforcement des lignes de transport existantes afin de réduire les pannes (renforcement des lignes d’interconnexion électriques Kompienga - Bagré- Tenkodogo- Ouagadougou) ;
  • La fourniture d’une capacité additionnelle de production thermique de 14 MW pour satisfaire à l’appel de puissance pendant les périodes de pointe et pour les besoins de secours.

(iii) promouvoir l'utilisation rationnelle et efficace de l'énergie dans les bâtiments de l’administration publique par la gestion axée sur la demande en :

  • appuyant la DGE dans la conception d’un programme de maîtrise ;
  • mettant en œuvre une première phase de ce programme au niveau des bâtiments de l’administration publique.

A moyen et long termes, ces actions auront pour effet un développement durable du secteur de l’électricité et une plus grande implication d’acteurs privés en vue d’un développement de l'accès des zones rurales et périurbaines à l’électricité.

3. Description du projet
3.1. Composantes du projet

Le PDSE comprend quatre (4) composantes :

Composante 1 : Renforcement institutionnel et des capacités
L'objectif de cette composante est de renforcer les capacités de la Direction Générale de l’Énergie en termes de planification, de formulation de politiques et de suivi-évaluation. Des activités spécifiques (formation, services de consultants, outils de suivi-évaluation et d'estimation des impacts) seront conçues en fonction des besoins des différentes directions et services de la DGE. Cette composante appuiera également le renforcement des capacités de la SONABEL en tant qu’organe de mise en œuvre du projet. Cette composante est entièrement financée par les ressources de l’IDA.

Composante 2 : Extension et renforcement des lignes électriques de transport

Cette composante se décompose en deux sous- composantes. La sous-composante construction de la ligne d’interconnexion électrique Bobo- Dioulasso - Ouagadougou et la sous-composante renforcement des lignes de transport électrique Kompienga –Bagré –Tenkodogo- Ouagadougou.
La première sous-composante concerne : (i) la construction de la ligne de 225 kilovolts, longue de 338 kilomètres Bobo- Dioulasso - Ouagadougou, de 3 postes de transformation et des équipements de télécommunication pour son exploitation ; (ii) le raccordement de 5 villages le long de la ligne; (iii) la supervision des travaux de construction ; et (iv) la mise en œuvre du plan de gestion environnementale et sociale (PGES) pour atténuer les impacts associés à la construction de la ligne de transport.

L'objectif de cette sous-composante est d’étendre au Centre Régional de Consommation de Ouagadougou (CRCO) les avantages de l’importation d’énergie meilleur marché de la Côte-d’Ivoire. La ligne d’interconnexion Ferkessedougou - Bobo-Dioulasso, en service depuis avril 2001, est présentement sous utilisée car elle transite seulement 25 MW pour les besoins du Centre Régional de Consommation de Bobo-Dioulasso contre une capacité nominale de 120 MW. La rentabilité de la ligne d’interconnexion sera améliorée par son prolongement jusqu’à Ouagadougou. Cette sous composante sera cofinancée par l’IDA, les Fonds Nordiques pour le Développement (NDF), l’Agence Française de Développement (AFD), la Banque Européenne d’Investissement (BEI), le crédit Mixte du Royaume de Danemark, le budget de l’Etat et la SONABEL.

Quant à la sous- composante renforcement des lignes, elle sera financée entièrement par l’IDA et concerne : (i) les études d'ingénierie concernant le renforcement mécanique des 315 kilomètres de lignes de transport de 132 kilovolts existantes Kompienga – Bagré- Tenkodogo- Ouagadougou; (ii) le renforcement mécanique et structurel des 941 pylônes de la ligne ; et la supervision des travaux. Ces lignes ont connu plusieurs pannes mécaniques au cours des trois dernières années à cause de fortes rafales de vent dans les couloirs de ces lignes. L'objectif de cette sous-composante est d'accroître la fiabilité de l'approvisionnement à partir des deux centrales hydroélectriques. Cette sous- composante sera financée par l’IDA et SONABEL.

Composant 3 : Mise en place de la centrale thermique de production de 14 MW
Cette composante financera : (i) la construction clef en main d'une centrale électrique diesel de 14 MW et (ii) la supervision des travaux de construction. Cette centrale de 14 MW renforcera la capacité de production du CRCO et servira de réserve froide pendant le fonctionnement de la ligne. La composante est financée par l’IDA, la SONABEL et le budget de l’Etat.

Composant 4 : Gestion de la demande d’électricité de l’Administration
Cette composante vise à réduire la facture énergétique de l’État à travers les sous-composantes suivantes :

  • Renforcement institutionnel et des capacités en matière de maîtrise de l’énergie ;
  • Investissement dans la gestion de la demande d’énergie ;
  • Information, éducation et communication dans la promotion de l'utilisation rationnelle et efficace de l'électricité.

L’objectif de la sous-composante Renforcement institutionnel et des capacités est : (i) de concevoir un cadre de politique de Gestion de la demande (MDE ) et des mécanismes de réglementation ; et (ii) de préparer, suivre et évaluer les programmes de MDE. Un appui sera fourni en particulier à la Cellule de Gestion de l’Energie (CGE), à créer au sein du Ministère en charge de l’énergie. La CGE fonctionnera en étroite collaboration avec la Direction du Matériel du Ministère des Finances et du Budget et les autres directions techniques clefs de l'administration pour définir un programme national global de gestion de la demande d’énergie.

La Sous-composante Investissements dans la gestion de la demande finance l'achat des systèmes de climatisation, d'éclairage et les films réfléchissants pour des bâtiments ciblés de l’administration publique.
La Sous-composante Information, éducation et communication va appuyer les campagnes de sensibilisation, les ateliers de travail, la formation et l’éducation sur la gestion de la demande et l'efficacité énergétiques.

3.2. Modalités et conditions du Don

Les conditions de la convention du Don IDA se présentent comme suit :
Montant du Don : 43,4 millions de DTS soit 63,57 millions USD
Commission d’engagement : 0,5% l’an sur le principal non retiré
Date prévue pour l’entrée en vigueur : 19 Avril 2005
Durée du projet : 05 ans
Date de clôture prévue : 31 juillet 2010

4. Conclusion

Le projet de développement du secteur de l’électricité est conforme à la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie adoptée par le Gouvernement en décembre 2000.
Les résultats escomptés à la fin du projet sont principalement :

  • Le renforcement des capacités de la direction générale de l’énergie par la mise en place d’un cadre opérationnel de politique et d’un système de suivi-évaluation, et de mesures d'impact appropriées ;
  • La mise en service d’infrastructures énergétiques fiables, l’accroissement de l’offre et de la disponibilité énergétique ;
  • La réduction de la demande de pointe et de la consommation d’énergie des bâtiments de l’administration publique par la mise en œuvre de pratiques favorisant l’utilisation efficace de l’énergie.

Le projet proposé aura des impacts positifs sur l'économie. Il permettra la fourniture fiable et rentable d'électricité pour satisfaire la demande sans cesse croissante, et soutenir la croissance économique, l'électricité étant un facteur important pour les secteurs du commerce et de l’industrie. En outre, la mise en service de la ligne de transport aidera à réduire de manière significative les subventions que l’Etat accorde sur les combustibles de production d’électricité et la facture énergétique de l’administration.